Le village de Gourdinne

Le village de GOURDINNE




Le territoire de Gourdinne couvre une superficie de 553ha49, dont 111ha de bois. Les bois communaux sont le bois de Baconval, dit anciennement bois de Baconveaux (67ha), le Charnoy (14ha) et les Comognes (22ha) anciennement bois du Chenia.
Les bois de Gourdinne sont de maigres restes de la vaste forêt antique de Marlagne, recouvrant jadis une partie des provinces de Namur et de Hainaut.

La topographie du village est déterminée par le vallon de la Thyria entre deux coteaux. Le versant nord, sur lequel est implanté le centre du village s’élève en pente douce tandis que le versant sud est plus abrupt.



Gourdinne est donc traversé par la Thyria mais également par le ruisseau de la Fontaine ou Grand Ry et le ruisseau Anstavau. La Thyria traverse le territoire de Gourdinne d’est en ouest dans sa partie sud. Elle prend sa source dans la Cemenne à Florennes-Pavillons et dans le Gérondiat au nord-ouest de Florennes pour se jeter dans la rivière de l’Eau d’Heure à Berzée.
Le ruisseau de la Fontaine se situe au bois de Baconval et au lieu-dit Fond des Saucelles et se jette dans la Thyria au lieu-dit cafonette. Les sources du ruisseau Anstavau se situent sur le territoire de Somzée au lieu- dit les Grands Champs et se jette dans la Thyria au « Moulin ».




Carrière de Gourdinne

Le sous-sol de Gourdinne est fort varié ; il repose sur des roches calcaires. Sur le versant sud de la Thyria, le calcaire arrive presque à fleur de terre, tandis que sur le versant Nord et dans la partie médiane du territoire, il est recouvert d’une couche d’argile, et dans la direction de Nalinnes, de sable par endroit.Son calcaire, de l’étage Frasnien, est riche en coraux fossiles datant de la période dévonienne supérieure de l’ère primaire. Il y a 300 millions d’années la région était en effet recouverte par une mer peu profonde dans laquelle a proliféré une faune marine, dont les coraux formant le récif. Des coraux ont été découverts à la carrière.




Son histoire

Le village ne figure pas dans le polyptyque de l’abbaye de Lobbes de 868-869 alors que les villages environnants comme Thy-le-Château, Somzée, Nalinnes et Chastrès sont mentionnés comme des biens appartenant à cette abbaye. Mais la paroisse de « Gurdines » est mentionnée par rapport aux Bancroix (processions) de l’abbaye de Lobbes au 10ème siècle. C’est le premier « signe de vie » de cette commune namuroise.

Durant la période néolithique, vers 3500 à 2000 avant JC, une population s’y est fixée. Un outil ou une arme de cette communauté a été retrouvé en 1879 à la carrière dite du cadet, près de l’ancienne gare de chemin de fer de Gourdinne.
Un mégalithe couché et bisé et situé à la lisière sud-oeust du bois du Charnoy à une altitude de 220m a également été découverte. Des blocs de pierre jonchent le sol sur une longueur d’environ 12m, à la limite de Gourdinne et de Thy-le-Château.
Ce mégalithe se trouve astronomiquement sur la ligne équinoxiale de Bavay, dans le nord de la France, sur un azimut de 130°. Peux-t-on supposer que cette pierre était destinée au culte solaire ou lunaire ou se rapporterait-t-elle uniquement aux levers et couchers du soleil servant au calendrier agricole de la population néolithique ?
Le lieu-dit Charnoy semble se rattacher au mot celtique « Karn » signifiant tas de pierres, que l’on retrouve dans les noms de localités en France telles que Carnac ou Charny.

Une villa romaine fut découverte à Gourdinne, ainsi que quelques tombes romaines et mérovingiennes.

Depuis, nous trouvons trace d’un Sébastien de Gourdinne qui possédait le patronat de l’église de Clermont. Gourdinne fut longtemps partagée. Bien que le comte de Namur exigea corvées et chevauchées, le prince Evêque de Liège s’en empara au 14ème siècle à l’occasion du conflit des 17 villes.
Ce n’est qu’en 1446, que la localité fut restituée à Philippe Lebon, duc de Bourgogne, qui était aussi comte de Namur.
Dès le 16ème siècle, il existait un fourneau. Plus tard, Gourdinne extrait, au 19ème siècle, la castine nécessaire à l’élaboration de la fonte. A la même époque, une houblonnière était exploitée. En effet, un certain Pol Joltrain fabriquait de la bière.

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L’église Saint-Remi
L’église de Gourdinne est dédiée à Saint-Remi ou Saint-Remy. Sa fête est le 1er octobre.

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La date d’édification de l’église primitive n’est pas connue mais on sait qu’elle existait déjà avant 1161.
Le premier sanctuaire de Gourdinne fut sans doute un oratoire de style roman sur l’emplacement de l’actuelle église, terrasse rocheuse dominant le centre du village.
Elle ne devait pas avoir son aspect actuel mais devait être un bâtiment rectangulaire, oblong et bas, comportant une nef à laquelle était accolée une abside.
L’actuelle église de Gourdinne, d’une extrême sobriété par la simplicité de ses lignes, est un exemple de ces églises rurales en style gothique tardif, remaniée au goût de la renaissance dans l’ouverture de ses baies.

L’édifice est en moellons de calcaire et comprend une tour à l’ouest et trois nefs sous un toit d’ardoises à deux pentes. La tour est placée en saillie au centre de la façade. Elle s’élève sur un plan quadrilatère de 2,70m sur 2,75m à l’intérieur et est d’une hauteur d’environ 29m.
La tour est munie d’une horloge communale en fer forgé conçue par Joseph Naple de Tarcienne.

L’église est donc dédiée à Saint-Remi . Ce dernier est né à Laon en France vers 440. Il était Evêque de Reims.

Outre Saint-Remi, l’église de Gourdinne vénère particulièrement Saint-Walhère, saint d’ailleurs le plus vénéré de l’Entre-Sambre et Meuse. Il fut à la fois curé d’Onhaye et doyen du Concile de Florennes qui comprenait en ce temps 55 paroisses, dont Gourdinne.

Wahlère est mort le 23 juin 1199. Ce jour-là, le vicaire d’Hastière, qui est également son neveu, le ramène en barque sur la Meuse. Par son comportement indigne, il s’est attiré les remontrances de son oncle. Il tua Walhère et jeta son corps à l’eau.
Walhère est invoqué pour la préservation et la guérison du bétail, particulièrement en cas de vêlage. On plaçait dans les étables une image bénite représentant le martyre du saint. Il est également invoqué pour les maux de tête. Une confrérie y a été érigée en 1650 par l’Evêque de Namur, qui était une corporation d’agriculteurs.

La paroisse de Gourdinne…
Elle a appartenu pendant un certain temps au doyenné de Walcourt pour être incorporée à l’abbaye bénédictine de Fosses en 1161. L’incorporation de l’église de Gourdinne au chapitre de Fosses se fit sous l’évêque de Liège Henri II de Leyen. Le curé de Gourdinne était rétribué et nommé par le chapitre, qui avait le droit de récolter la dîme (impôt annuel sur les produits de la terre et sur les animaux d'élevage).

L’église de Somzée dépendait de l’église de Gourdinne.
Lors de la création de l’évêché de Namur, par la bulle du pape IV du 12 mai 1559, la paroisse de Gourdinne faisait toujours partie du doyenné de Florennes dans le diocèse de Liège.

Ensuite 23 paroisses revinrent à nouveau au diocèse de Namur dont Gourdinne. Elle fut successivement comprise dans le doyenné de Bouvignes et ensuite dans celui de Walcourt.

L’église fut fermée de 1797 à 1801 jusqu’au concordat.
Par un décret impérial du 28 août 1808, Gourdinne devint une paroisse succursale de la paroisse chef-lieu de Thy-le-Château. C’est en 1833, après l’indépendance de la Belgique, que Monseigneur Barrett, évêque de Namur, a séparé l’église de Gourdinne de celle de Thy-le-Château et a rétabli la cure.

Vers 1878, le doyenné de Walcourt, dont Gourdinne faisait partie, comptait 21 paroisses.

 


La marche Saint-Walhère

Elle remonte à plus d’un siècle et demi. Son origine ne nous est pas connue et ne semble pas se rattacher à un fait historique précis comme d’autres marches. Cependant, nous savons que la confrérie Saint-Walhère fut fondée à Gourdinne en 1650.
Les formations à caractère militaires ont jadis escorté les processions lors des fêtes locales. Ces processions-marches trouvent leur origine dans une promesse faite à un saint afin d’être délivré d’une calamité ou en guise de remerciement pour la préservation de celle-ci.

La marche Saint-Walhère a lieu le 3ème dimanche de juin.

   
Sources :
Cercles d’histoire de l’entité de Walcourt, Regards sur Gourdinne, Annales 2004.

A consulter également: www.gourdinne.be