Le village d'Yves-Gomezée

Le village d'YVES- GOMEZEE

  

  


Yves-Gomezée est traversé d’Est en Ouest par l’Yves qui vient de Saint-Aubin et se jette dans l’Eau d’Heure à Walcourt, et du Nord au Sud par la N5. Il est également traversé par la ligne de chemin de fer. Il est traversé également. Il couvre une superficie de 1 405ha dont 138 de bois. Excepté une carrière qui exploite la pierre calcaire, la commune ne possède plus d’industrie.

  


Yves-Gomezée, aux portes de Charleroi, mérite d’être mieux connu avec son relief tourmenté, ses promenades innombrables à travers champs et bois.
C’est un Arrêté royal de 1825 qui réunit Yves et Gomezée en une seule commune et qui aplanit peu à peu les différends qui les opposent concernant l’entretien des chemins, de l’Eglise, du cimetière ou encore des écoles.

L’étymologie d’Yves est assez difficile à établir.
Les anciennes formes d’Yves ( « Iuio » en 1028, « Evam » en 1061, « Yva » en 1221 et « Yvia » en 1406) proviennent, peut-être, du germanique « Awjô » qui signifie pré-humide ou rivière.
Ernerst Crepez, dans son ouvrage, résume quelques propositions sur l’origine du nom d’Yves :
- ava ou ara qui signifie eau, attribué à la rivière qui arrose le village.
- De la racine Is, du celte isarnos signifiant fer et à laquelle a été ajouté le suffixe ara
- Yves déterminerait une situation géographique, endroit inondable, aquaria en latin et l’endroit aurait donné son nom à la rivière
- Yves pourrait avoir une toute autre origine (nom d’homme ou lieu de culte).

Yves dépendait autrefois, avec Walcourt, de la principauté de Liège et constituait, dès le 13ème siècle, une seigneurie importante.
Le premier seigneur de cette maison est Guillaume d’Yves qui a été inhumé dans l’abbaye de Moulins en 1211.

Gomezée (« Gomenceias » en 1018) veut probablement dire « villa de Gummund ».
Déjà habité à l’époque gauloise par une population qui travaille le fer, Yves est un fief des seigneurs de Florennes dès 1235, tandis que Gomezée avec Mimbercée, Saint-Lambert et Fontaine dépendent du monastère de Saint Jean-Baptiste de Florennes.

Le château
« Cet ancien château qui occupe le fond d’une vallée marécageuse, cette avenue de murailles, ce pont de pierre qui traverse un fossé d’eau vive… » dont parle le moine Saumery en 1774, n’a rien à voir avec le château que l’on retrouve sur les cartes postales du 19ème siècle.
C’est un édifice de grande allure, dans un cadre de marronniers séculaires au milieu d’un vaste parc, malheureusement incendié par les allemands en 1914 et remplacé après 1935 par un jardin à la française avec bassins et parterres, qui lui aussi a disparu.


A découvrir…

L’Eglise Saint-Remi


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L’édifice du 14ème siècle de style ogival a été modifié par l’allongement de la surévaluation de l’église entre 1864 et 1868. L’érection d’une tour de 46m de haut de style néo-gothique lui donnait fière allure. Malheureusement, en 1967, le clocher doit être allégé et diminué de hauteur.
A voir : les peintures provenant de l’abbaye de Liessies (Nord de la France) et offertes par la famille Paule de Maibe ; la Sainte Trinité, toile restaurée par la Fondation Roi Baudouin en 1992.


Les « Sept-Ponts »
« A la sortie du Rossignol, la voie s’enfonçait dans les bois et « montait » vers Morialmé par Fairoul et Fraire. Un magnifique pont a été construit- « les 7 ponts »- afin de franchir un sentier, un aqueduc alimentant en eau les fonderies et laminoirs du coin, et l’Eau d’Yves. Ce pont à 7 arches mériterait le classement comme monument remarquable ».

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L’endroit bucolique dans lequel il trône a une hauteur impressionnante au-dessus de l’eau et est accessible par la rue Grosset.

La fontaine Jean Grosset
Située non loin du Tienne Jean Grosset et de la ruelle du même nom qui aboutissait près de la vieille forge, la fontaine n’a pas encore livré tous ses secrets.
Déjà en 1847, le Conseil communal d’Yves décide d’améliorer le lavoir et de l’abriter. Il faut dire qu’à l’époque le lavoir est un passage obligé pour ceux qui ne possèdent pas de puits privé. Vers 1950, le toit est dans un état déplorable et est démoli. Il faut attendre les années 2000 pour que l’on s’intéresse à nouveau à la Fontaine-Lavoir.
Tout le quartier s’est mobilisé autour d’un projet lancé par Olivier Scaillet et deux architectes, Virginie Delsaut et philippe Lefèvre. La ville de Walcourt est partie prenante et, la vieille fontaine a été réaménagée comme par le passé.

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La nature et le travail de l’homme
Le fer, l’eau, le bois : 3 éléments de la nature qui, mis à profit par des hommes d’initiative, ont marqué le passé de notre village pendant des siècles. Citons-en quelques-uns : les barons de Cartier d’Yves, les barons de Jacquier de Rosée, les Bayot et Malacort, les Remy,…

L’extraction de l’argile, des pierres calcaires, des grès, des silex,… a aussi laissé des traces dans le paysage yvetois. Mais, en ce 21ème siècle, une seule exploitation subsiste : les carrières des Petons.


La carrière des Petons
On ne peut passer sous silence les 2/3 de la superficie d’Yves-Gomezée consacrés à l’élevage et à l’agriculture et répartis principalement entre les fermes : de Crèvecoeur, de l’ancien fourneau, de Froidmont, de Bellevue, des 3 chênes (la Botte), Lambrecht, de la Reinette.

Du minerai de fer a été découvert presque partout dans l’entre-Sambre-et-Meuse, mais ce sont les villages de Morialmé, Fraire et Yves-Gomezée qui étaient les plus productifs.

L’extraction a débuté avec l’arrivée des celtes (vers 600 av.JC) et s’est poursuivie aux cours des siècles pour atteindre son apogée dans la 1ère moitié du 19ème siècle avant d’amorcer un déclin à la fin du même siècle.

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Le folklore
Fin du 19ème siècle, le village comptait près de 84 cabarets et autres maisons particulières où l’on vendait des boissons alcoolisées. A cette époque, il suffisait d’accrocher une branche de genêt au-dessus de la porte pour signaler à tout un chacun qu’il pouvait entrer et se faire servir à boire moyennant paiement. En outre, le village possédait un extraordinaire carnaval.

L’évènement folklorique aujourd’hui est la marche Saint-Laurent. A Crèvecoeur, se trouvait une chapelle dédiée à Saint-Laurent dont l’eau, selon la légende, guérissait de nombreuses maladies. Les habitants d’Yves, de Gomezée et des villages voisins s’y rendaient. C’est de cette façon qu’un pèlerinage se créa autour de la réputation de cette fontaine et que Saint-Laurent devint très populaire à Yves comme à Gomezée.

Cette fontaine a probablement disparu en 1939 lorsque la Société Nationale de Distribution d’Eau y installa un captage en vue d’alimenter la région de charleroi en eau potable. Lors du rattachement des communes d’Yves et Gomezée, le culte fut célébré à Yves (et non plus Gomezée).
C’est pour vénérer Saint-Laurent et commémorer son transfert de Gomezée à Yves que la jeunesse de l’époque organisa une marche en son honneur. La fontaine de Crèvecoeur étant éloignée du village, il fut décidé que la procession partirait de la place Mimbercée qui anciennement faisait partie du territoire de Gomezée.




Sources :
BARREAUX J. ,Yves-Gomezée…, in le Point Virgule, le Centre culturel de Walcourt, 1er septembre 2002, pp12-13.
CREPEZ E., Histoire d’Yves-Gomezée, Cercle d’Histoire de l’entité de Walcourt, 2003.20
SERVAIS M,. Armorial des provinces et des Communes de Belgique, édité par le Crédit communal, 1955.