La ville de Walcourt

La Ville de WALCOURT

 

 


Cité d'origine médiévale


Ville d’origine médiévale, Walcourt est bâtie sur une étroite colline s’inclinant d’un côté vers l’Eau d’Heure et de l’autre sur le ruisseau d’Yves.
Son implantation et plusieurs vestiges monumentaux de cette époque confèrent encore au bourg cette configuration typique de ville fortifiée qui jadis était entourée de murailles flanquées de tours et percées de portes avec ponts-levis.
Au sommet fièrement campé le joyau architectural, la Basilique Saint-Materne, un des monuments gothiques les plus remarquables du pays. L’édifice est entièrement construit en calcaire bleu et est couronné d’une tour romane surmontée d’un original clocher bulbeux.
La situation de Walcourt offre beaucoup d’analogie avec la ville de Thuin : comme beaucoup de localités bâties à flanc de coteau, elle possède plusieurs ruelles en escaliers- comme la ruelle Frère Hugo. Elle offre aux regards des vieilles maisons, des jardins étagés, certains véritablement suspendus. On pénètre dans la ville en passant sous une vieille voûte, l’une des cinq portes de la vieille forteresse.

       

Il subsiste des vestiges du passé…
La ligne des Remparts est en effet conservée, sauf du côté sud où jadis un mur doublé par un fossé barrait l’éperon. De ce côté, la Basilique Saint-Materne domine la Grand Place triangulaire qui, étranglée vers le bas au débouché des poternes de la Vaux et de l’Eau, s’arrête devant le site de l’ancien château disparu. A la fin du 16ième siècle, sa suppression autorisa l’extension du Bourg sur l’extrémité rocheuse. Quelques bases de tours fortifiant l’enceinte ont subsisté, dont l’une à l’Eglise, et une autre, mieux conservée à l’ouest, à l’ancienne porte Notre-Dame, dans le prolongement de la rue du même nom.

 
ruelle-frere-hugo.
La ruelle Frère Hugo
Du nom du célèbre moine orfèvre Hugo, né à Walcourt au 13ème siècle
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Walcourt viendrait de l’appellation villa Walcortensis, la ferme du wallon où Saint-Materne y aurait jeté les premiers fondements d’une chapelle au 4ième siècle. En fait, à l’exception de quelques monnaies et poteries romaines, on ne trouve trace du bourg qu’à partir du 10ième siècle où les Walcourt sont de puissants seigneurs qui tiennent leur fief des comtes de Namur auxquels ils l’allient. Ils possèdent d’importantes terres en Lorraine et dotent généreusement l’abbaye du Jardinet et l’actuelle Basilique .


Le premier document écrit de Walcourt date 1er juin 1026 par lequel le seigneur Oduin et son épouse, firent de larges libéralités au sanctuaire Notre-Dame, dont la construction venait d’être achevée.
Walcourt restera la propriété de ses seigneurs jusqu’en 1363, époque où elle fut vendue par Wéry VI à Guillaume Ier, comte de Namur.
Entourée de murailles et de tours défensives, Walcourt constitue un maillon de grande importance dans le système défensif de la frontière sud du comté de Namur.


  
Place des marcheurs

Dans les années qui suivirent, la terre de Walcourt fut cédée, vendue, rachetée, engagée et dégagée. Finalement en 1438, elle fut réunie au namurois qu’avait acquis en 1421 Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne. De la maison de Bourgogne, elle passa à la Maison d’Espagne pour enfin revenir aux abbés du Jardinet, qui en 1686, devinrent les véritables seigneurs de Walcourt.

Il est à noter que pendant la période des guerres civiles et des guerres étrangères survenues durant les 15ème, 16ième et 17ième siècles et au début du 18ième, Walcourt a souffert soit de l’occupation, soit du passage presque continuel des armées ennemies. Elle fut saccagée de nombreuses fois, incendiée et soumise à des dépravations de toutes sortes, à des réquisitions et à de lourdes contributions de guerre pour l’entretien des armées en campagne.

De 1792 à 1815, se trouvant sur le passage des troupes allemandes allant de France en Belgique et inversement, elle est une nouvelle fois saccagée et pillée.
Vient ensuite une période de paix avec l’indépendance du pays que viendront interrompre la 1er guerre mondiale et l’invasion de l’armée allemande.
Walcourt, défendue par le 6ième Régiment d’Infanterie française qui couvre la retraite de la 38ième division, est occupée par les allemands après les combats du 24 août 1914 au cours desquels furent tués un officier et 20 soldats français Ce jour-là, le clocher et la toiture de la Basilique (à l’époque Collégiale) sont détruits par un incendie. 13 maisons voisines de l’édifice subissent le même sort.

Lors du dernier conflit, le 16 mai 1940, 27 soldats furent tués dont l’aspirant français Vincent Dauchez reposant dans la cour du cloître au pied de la Basilique.

Activités économiques et industrielles
Dès le 15ième siècle, l’activité industrielle est très dense. On y dénombre un moulin à farine, deux moulins à huile, un moulin à écorces, un haut-fourneau, une forge avec marteau et deux affineries de fer. L’intensité de cette activité décline toutefois au 19ième siècle lors de la construction de la ligne des chemins de fer avec des ateliers de réparation du matériel.
Walcourt est également un centre réputé pour ses marchés et ses foires.


Le grand Tour Notre-Dame
Chaque année, lors de la Trinité, les rues et les chemins de Walcourt deviennent le théâtre d’un des plus vieux et prestigieux pèlerinages catholiques. En effet, depuis 8 siècles, une procession dédiée à Notre-Dame de Walcourt évoque le miracle du Jardinet tout au long d’un itinéraire sacré. Accompagnée de centaines de marcheurs,la procession parcourt depuis l’aube plus de 8 kms autour de la Basilique, se recueille devant les nombreuses chapelles, potales.
Selon la légende, en 1228, un incendie ravagea l’église de Walcourt. La statue de Notre-Dame fut emportée dans la vallée, par des anges. On la retrouva juchée dans un arbre. Tous les efforts de la population furent vains pour l’en faire descendre, à la suite de quoi, Thierry II, Seigneur de Walcourt, promit à la Vierge de bâtir un monastère en son honneur si elle redescendait de l’arbre. Aussitôt le vœu prononcé, la statue atterrit dans les bras du Seigneur, qui tint sa promesse et fit construire l’abbaye du Jardinet (détruite à la Révolution française).

Au cours des siècles, c’est certainement par centaine de milliers que les fidèles vinrent à Walcourt supplier, remercier et prier Notre-Dame, à l’instar de Rocamadour, Saint-Gilles, et Compostelle, Walcourt devint un des hauts lieux de pèlerinage au Moyen-Age.



La Basilique Saint-Materne
Haut lieu de pèlerinage, cet important édifice est d’architecture gothique et romane.
Jusqu’en 1950, elle portait le titre de Collégiale pour être élevée au rang de basilique le 23 mai de la même année par le pape Pie XII.

Au 3ème siècle ,
Saint-Materne, Evêque de Tongres évangélisait la région, une tradition ancienne raconte qu’il bâtit un église à l’emplacement d’un ancien temple païen à Walcourt.
Au 10ième siècle, Wideric, seigneur de Walcourt décida la construction d’une église primaire sur l’emplacement de l’ancien oratoire détruit au début du siècle par les normands.
Elle fut achevée par Oduin, son successeur, et consacrée le 1er juin 1026 à Notre-Dame de Walcourt par Réginhard, Evêque de Liège.

A la suite d’un incendie, elle fut progressivement reconstruite jusqu’au 16ième siècle.

La Basilique recèle de nombreux trésors : la statue Notre-Dame de Walcourt, le jubé offert par Charles Quint, les stalles, la sacristie et des pièces d’orfèvreries comme la grande croix reliquaire d’Hugo de Walcourt.

 


  

   

 

   
 
La croix reliquaire



Au départ de l’ancienne poterne « d’El vaux » au pied de la grand Place, cette ruelle abrupte contourne la base d’une vieille tour d’enceinte et aboutit à la pittoresque « Basse rue ».





Ancien Hôpital Saint-Nicolas


   
Vue arrière de l'Hôpital Saint-Nicolas


Le bâtiment actuel est le seul vestige d’une institution remontant au 13ème siècle. Il était destiné à accueillir les pélerins qui se rendaient à Notre-Dame de Walcourt pour vénérer la vierge.
L’hôpital a été maintes fois perturbé en 1538, 1847, 1850 et en 1965. En 1847, date de création de la rue de la Montagne et du pont de l’eau d’Yves, il fallut abattre l’annexe accolée au pignon et remblayer, supprimant le passage à gué. Ensuite l’Hôpital servira d’écurie, de remise à vélos et enfin en 1965 la gendarmerie détruisit la façade ouest pour créer des baies pour leurs engins motorisés.

Le bâtiment désaffecté en 1986 devient propriété communale.

Anciennement, l’édifice possédait trois niveaux.
Le 1er niveau était limité par l’eau d’Yves, la rivière était plus en recul à l’époque pour éviter les inondations et assurer le passage à gué.
Le 2ème niveau peut être repéré par les linteaux en bâtière des baies de fenêtre et enfin le 3ème niveau est limité par les combles et les pignons.

  


La porte côté rivière surmontée d’un arc de décharge en bâtière est comparable aux types de baies du moulin brasserie de Floreffe dont les bases datent du 13ème siècle. On peut donc en conclure que cette partie de façade est la plus ancienne de l’Hôpital Saint-Nicolas et est sans conteste, un élément significatif du paysage de Walcourt.
Les baies supérieures sont quant à elles à assimiler avec la restauration du à l’état de ruine constaté au 16ème siècle (en 1538).

Des baies de la façade ouest ne subsistent que les linteaux en pierre unis par agrafe. Ces 4 fenêtres, façades est et ouest datent du 16ème siècle.

Sur cette base historique, le service travaux de la Ville de Walcourt a entrepris la restauration de l’hôpital Saint-Nicolas : renouvellement de la toiture, remise en état des lucarnes et création de nouvelles, travaux intérieurs de démolition et de reconstruction en ayant pour objectif de retrouver les trois niveaux. Vient ensuite, les travaux de reconstruction et de remise en état de baies de fenêtres à croisées.
Deux aménagements spécifiques : aménagement des combles et rampe d’accès construite en respect des règles de l’art et de l’accessibilité du bâtiment pour les personnes à mobilité réduite. L’inauguration a eu lieu le 5 avril 2002.

Il sert aujourd’hui de salle d’exposition.




L’ancienne abbaye Notre-Dame du Jardinet

L’Abbaye du Jardinet fut fondée au 13ème siècle par Thierry II, comte de Rochefort et Seigneur de Walcourt pour les moniales de l’ordre de citeaux. En 1796, toutes les propriétés de l’abbaye furent vendues comme biens nationaux, puis par la suite en partie détruites.

Ancienne abbaye- 1740 d'après Remacle Leloup in le Patrimoine monumental de la Belgique
Subsiste le porche d’entrée construction rectangulaire en brique et pierre bleue dans la 2ème moitié du 16ième siècle dont la façade a été modernisée en 1713.








Sources :
- Ministère de la Communauté française-Administration du patrimoine culturel, Le Patrimoine monumental de la Belgique, Ed. Pierre Mardaga, Volume 9, province de Namur- arrondissement de Phillipeville-Tome 2 (P-W).
- ROBA, JL. Et LEOTARD, J, La Région de Walcourt- Beaumont pendant la seconde guerre mondiale, 1984, tome 1.
- Général Philippe, Walcourt, Namur, 1935.
- Extrait du discours prononcé par Léon Revers, chef du service travaux de Walcourt, lors de l'inauguration de l'Hôpital Saint-Nicolas rénové le 5 avril 2005.