Jean Marie Antoine et Brigitte Besanger - Photo Antoine à Somzée

Interview réalisée en juin 2010



Nous sommes allés à la rencontre de Monsieur Jean Marie Antoine et de Madame Brigitte Besanger, propriétaires du magasin Photo Antoine sur la Place de Somzée.



1. Agence de Développement Local (
ADL) : pouvez-vous nous décrire votre activité ?  

Jean-Marie Antoine (J.-M. A.) : Mon épouse s’occupe du magasin, réalise les photos d’identité, la comptabilité et vend les produits que nous réalisons.

Quant à moi, je m’occupe des prises de vues.

Dans ce cadre, je réalise des reportages photos (mariage, communion, marches folkloriques, …), des mises en scène dans des décors à l’étage du magasin (photos d’enfants avec un décor « ancien », avec des nounours, …).

Une fois par an, nous faisons une action portrait qui permet aux clients d’obtenir trois photos gratuites. En moyenne, ce ne sont pas loin de 300 rendez-vous qui sont prévus en fin d’année pour ce type d’action, cela fonctionne assez bien !

Nous avons également beaucoup travaillé par le passé à la reproduction de photos sur supports (tasse, tee-shirts,…) pour une société mais cette activité est moins largement développée à l’heure actuelle.

Nous vendons très peu de matériel tel que des appareils photos.

 

2. ADL : pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Brigitte Besanger (B.B.) : j’ai commencé en tant qu’enseignante. Ensuite, j’ai travaillé dans l’informatique. Par la suite, j’ai arrêté d’exercer cette profession pour m’occuper de ma fille. Deux ans plus tard, en 1975, Jean-Marie m’a proposé de travailler avec lui dans ce métier.

 

J.-M. A. : j’ai débuté dans l’imprimerie et j’ai également travaillé dans l’informatique par la suite. A côté de cette activité principale, j’étais passionné par la photo. D’ailleurs depuis l’âge de 12 ans, j’aime prendre des photos… Au grand dam de mes parents à l’époque car les développer en grande quantité n’était pas donné !

En 1975, j’ai demandé à Brigitte de m’aider car j’avais de plus en plus de travail et en 1979, nous avons ouvert le magasin ici à Somzée. Au départ, nous travaillions ensemble mais nous avions chacun notre vie de notre côté…. C’est finalement, il y a 10 ans que nous nous sommes mariés !

 

3. ADL : pourquoi vous êtes-vous installés à Somzée ?

J.-M. A. : en 1974, j’habitais Somzée, c’est pourquoi, par facilité, le magasin a été ouvert ici et non ailleurs.

Lors de l’ouverture du magasin, pour diversifier notre offre, nous vendions à la fois des jeans et des articles cadeaux en plus des photos.

Nous avions même réalisé, pendant quelques temps, une galerie « La mauvaise herbe » qui permettait à des artistes, photographes ou peintres, d’exposer leurs œuvres. Cela nous offrait également la possibilité de vendre nos produits.

 

4. ADL : la photo a connu pas mal de modernisation depuis une vingtaine d’années, comment vous êtes vous adaptés ?

J.-M. A. et B.B. : cela n’a pas été simple !

Au départ, nous vivions essentiellement du développement photo et de la reproduction photos sur divers supports. Maintenant, notre gagne pain, c’est surtout les reportages et les portraits.

J.-M. A. : Il y a 15 ans quand le numérique a commencé, je me suis dit que c’était le cancer de notre métier ! En effet, depuis, jamais autant de photos n’ont été réalisées mais jamais aussi peu n’ont été développées !

B.B. : le numérique a vraiment tué notre métier ! De 6000 photographes en Belgique, nous sommes passés à 3000 et apparemment, d’après certaines études, seulement, 500 photographes pour la Belgique seraient nécessaires !

Pour faire face, nous devons nous diversifier. Le métier de photographe, il y a 20 ans, était basé sur le développement de pellicules. Maintenant, via internet, certaines « usines à photos » cassent littéralement les prix. Ce phénomène existait déjà avant via des libraires mais depuis l’ère du numérique, la profession a radicalement changé.

J.-M. A. : Pour y remédier, nous proposons d’autres types de produits via des mises en scènes dans des décors ou des reportages des évènements locaux où les photos sont disponibles dans différents magasins.

Sur ce dernier point, également, nous avons perdu pas mal de partenaires. Par le passé, nous disposions d’une vingtaine de magasins partenaires et aujourd’hui, il y en a seulement 6.

Une nouvelle dynamique existe… C’est le Bongo. Nous sommes repris au niveau de 80 photographes belges et donc, il nous arrive parfois des clients néerlandophones qui viennent réaliser des photos scéniques. 

Le client vient chez nous pour ce qu’il ne sait pas réaliser lui-même c'est-à-dire pour des photomontages ou des originalités qui nous sont propres !

 

5. ADL : Quel type de clientèle avez-vous?

B.B. : notre clientèle est de plus en plus âgée.

Les jeunes se tournent plus facilement vers internet.

J.-M. A : le seul créneau sur lequel la clientèle jeune reste importante, ce sont les portraits d’enfants et les photos d’identité.

 

6. ADL : quelle est votre plus grande satisfaction ?

J.-M. A : c’est de vivre d’une passion !

Une autre satisfaction est d’avoir créé une activité commerciale dans le village.

Enfin, il est vrai qu’habitant Laneffe, nous sommes proches du magasin et donc, nous ne connaissons pas les embouteillages le matin !

 

7. ADL : comment envisagez-vous lavenir ?

B.B. et J.-M. A. : La retraite bien méritée… Nous espérons remettre le magasin mais chaque chose en son temps.

J.-M. A. : je continuerai peut être certaines parties de mon activité mais juste de quoi m’occuper !

 

8. ADL : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune qui débute ?

J.-M. A : je prétends qu’en photo, il y a encore moyen de gagner sa vie mais pour le débutant, il doit se concentrer sur la prise de vue c'est-à-dire sur tout ce qui touche à la plus value de la photo. Ensuite, il doit vendre son « travail » sur CD en demandant un prix qui lui permette de gagner de l’argent.

Pour ce qui est du volet impression, cela risque d’être très compliqué à l’heure d’internet.

Enfin, le rythme de travail est assez soutenu le week-end puisque les reportages, pour la plupart, sont réalisés à ce moment-là !

B.B. : j’ajouterais qu’il doit être un professionnel du travail d’image par informatique.

 

9. ADL : linterview se termine, avez-vous quelque chose à y ajouter ?

J.-M. A : un aspect dont nous n’avons pas parlé et que nous faisons également, c’est les cartes postales.

Puisque notre marché ne permet pas de tirer les cartes postales en quantité importante, afin de diminuer le coût, nous réalisons un tirage photo que nous collons sur un papier cartonné. Cela permet d’obtenir des cartes postales variées pour les touristes et les clients à un prix démocratique !

 

Heures douverture :

Du mardi au samedi : de 9H à 12h et de 14h à 18h.

Le dimanche, nous sommes en reportage !

 

ADL : un tout grand merci pour votre accueil et nous vous souhaitons beaucoup de succès pour la suite !